Nicolas-Viel
Nicolas Viel, prêtre, récollet, missionnaire chez les Hurons, né près de Coutances en Normandie, nommé missionnaire au Canada en 1623, et décédé en 1625.
___________________________
Bienvenue à la section Nicolas-Viel

Président : Denis Rebelo (514) 384-1052
Vice-président : Gaston Bergeron
Secrétaire : Antoine Bécotte
Trésorier : Roger Dionne
Conseiller jeunesse : Philippe St-Jacques
Conseiller : Jean Archambault
________________________________________________________________
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Affichage illégal à Montréal : 200 photos prises par un membre de la section Nicolas-Viel font réagir la Ministre Christine St-Pierre
Montréal, le jeudi 11 novembre 2011 : Le mercredi 2 novembre dernier, un membre de la section Nicolas-Viel de la SSJB, Jean Archambault faisait la une du journal télévisé du 18 heures de TVA. En effet, ce citoyen d’Ahuntsic a pris plus de 200 photographies illustrant des infractions à la loi 101 commises par 76 entreprises dans le comté de l’Acadie représenté à l’Assemblée Nationale par la ministre responsable de la loi 101, Christine St-Pierre. Accompagné du journaliste de TVA, Olivier Bourque, ils ont arpenté les rues du comté d’Acadie et ont constaté que l’affichage chez plusieurs commerçants était illégal. Les photos prises par M. Archambault démontraient clairement que 76 entreprises de la circonscription de l’Acadie contrevenaient au règlement sur l’affichage public de la Charte de la langue française en arborant à l’intérieur comme à l’extérieur des affiches unilingues anglaises ou bilingues sans prépondérance du français. De plus, selon les recherches de M. Archambault, trois de ses entreprises avaient pourtant obtenu leur certificat de francisation de l’Office québécois de la langue française depuis la nomination de Madame St-Pierre.
Selon le président du Mouvement Québec Français, Mario Beaulieu : « la ministre responsable de la Loi 101 doit faire respecter la loi dans sa propre circonscription. Elle doit démontrer sa volonté ferme de faire appliquer la loi et même en resserrer les règles d’application qui démontrent son laxisme actuel en matière de langue d’affichage et de langue de travail. »
La section Nicolas-Viel ne compte pas en rester là. En suivi au reportage de TVA, la section faisant partie de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal prévoit déposer au total 135 plaintes d’entreprises fautives auprès de l’Office de la Langue Française. Nous envisageons également une demande d’enquête sur l’état du français et un travail de sensibilisation de l’Office auprès des propriétaires et locataires de deux édifices spécifiques situés sur la rue Chabanel.
Pourquoi un projet sur l’affichage illégal dans l’Acadie ?
Le projet de recenser l’affichage illégal, par un montage de photos, dans le comté de l’Acadie n’est pas le fruit du hasard. L’Acadie est un comté marqué par une forte anglicisation. Il ne fait pas partie du « West Island » mais s’en approche dangereusement. Son député, la ministre St-Pierre, depuis son arrivée en politique, a défendu l’indéfendable Projet de loi 115 (écoles passerelles) et à nier l’évidence d’un déclin de la langue française à Montréal. L’Acadie s’anglicise parce que la langue de travail devient de plus en plus l’anglais. Plus nous avançons vers l’ouest, plus la langue anglaise prédomine. Il faut aller au-delà des portes des manufactures et des commerces pour connaître la vérité : des milliers de Québécois francophones, sur leurs lieux de travail, parlent anglais dans les parcs industriels de Chabanel et du boulevard Saint-Laurent et à l’ouest de l’Acadie jusqu’au boulevard Lebeau. L’affichage bilingue (pas de prédominance française) et unilingue anglais sont un des indicateurs de cet affaiblissement de la langue française. À côté de cet affichage de façade, il y a aussi et surtout ces affiches souvent manuscrites dans les milieux de travail qui en disent long sur l’urgence de la situation.
Selon le militant de la SSJB, Jean Archambault, le temps joue contre la survie du fait français à Montréal. La mondialisation des échanges et l’ouverture à une immigration importante qui se fixe majoritairement dans la métropole posent problème. L’anglicisation de Montréal progresse à grands pas depuis 1990. L’utilitarisme ambiant et le pouvoir d’attraction de l’anglais synonyme de progrès et de modernité font des Québécois de souche, des individus trop permissifs sur la question de la protection de la langue.
Pourtant, une langue, ça se perd. Parlez-en aux autochtones du Québec et du Canada, discutez-en avec les Irlandais qui ressuscitent à grande peine le gaélique, cette langue celte, presque disparue au X1Xième siècle. Le refus de voir ce danger et l’engouement individuel pour la langue anglaise sont de grands obstacles à la sauvegarde de notre langue. C’est aux Québécois francophones de mener ce combat et qu’ils ne s’attendent surtout pas à ce que d’autres le fassent à leur place.
À partir des recensements de 1996 et 2006 de Statistique Canada, nous pouvons tirer certaines observations et conclusions concernant la population du comté de l’Acadie :
En 2006, les allophones formaient la majorité de la population du comté de l’Acadie. Ils travaillaient surtout dans les centaines d’entreprises commerciales et industrielles dans lesquelles, l’anglais est la langue de travail. La Charte de la Langue française ne s’applique pas aux PME de moins de cinquante employés et par conséquent, elles ne sont pas sujettes aux obligations de francisation. Elles représentaient en 2009 plus de 95 % des entreprises. Elles sont donc laissées aux lois du marché et de la mondialisation.
De 1996 à 2006, le secteur francophone augmentait légèrement. L’arrivée massive de Magrébins et de Libanais francophones et francophiles dans le comté de l’Acadie expliquent la légère augmentation des francophones, car ils viennent combler la perte de francophones de souche. En effet, de 2002 à 2006, plus de 20 000 immigrants d’Algérie, et des milliers d’immigrants du Maroc et du Liban sont venus principalement à Montréal. En 2006, l’arrondissement Ahunsic-Cartierville était le premier lieu de résidence des Algériens, le deuxième pour les Libanais et le troisième pour les Marocains. Il est certain que les Magrébins et les Libanais qui ont des difficultés à se trouver du travail à cause de leur méconnaissance de l’anglais seront prêts à vivre en anglais car le principal but d’un immigrant consiste à améliorer d’abord le niveau économique de sa famille. S’il faut apprendre l’anglais, ils le feront et le parleront à la maison. Il revient aux Québécois de souche de se battre pour sa langue. Les immigrants francophones et francophiles seront sûrement derrière nous si nous démontrons de la fierté et sommes prêts à faire de la langue française, la langue de travail.
Par ailleurs, la situation des francophones de souche se détériore dans l’Acadie durant la période 1996-2006. Rien ne nous laisse croire que le recensement de 2011 va inverser cette tendance lourde. Au contraire, le gouvernement libéral n’a rien fait pour inverser ce mouvement. L’anglicisation des populations allophones par le travail et l’arrivée massive d’immigrants qui viennent dans une proportion d’au moins 85 % se fixer à Montréal, permettent au secteur anglophone de croître aux dépens du secteur francophone et cela, malgré que la minorité anglaise de souche ait diminué entre 1996 et 2006. Cette capacité d’une minorité d’attirer autant d’immigrants aux dépens de la majorité est un phénomène unique au monde.
À l’ouest du boulevard Saint-Laurent, l’anglicisation de Montréal avance inexorablement. Les francophones de souche sont devenus minoritaires dans la métropole. Si nous perdons le moteur économique du Québec, la survivance du français deviendra impossible. Aujourd’hui, les francophones du Québec sont agités par de profondes mutations (mondialisation des échanges, nouvelles technologies, etc.) qui mettent en péril leur langue. Si celle-ci est devenue la langue de la minorité de la plus importante ville du Québec, pourra-t-elle survivre très longtemps au Québec?
C’est aussi la passiveté des gouvernements devant les affiches unilingues anglaises pour cause de raison sociale canadienne et ou américaine qui incite même des entrepreneurs québécois à créer des compagnies dont la raison sociale est unilingue anglaise ou bilingue. « English is beautiful », serait devenue la devise de jeunes entrepreneurs qui veulent conquérir le monde. Or ce marché mondial si tentant soit-il nous oblige à être encore plus vigilant dans la promotion du français, langue de travail. La réussite dans les affaires peut se faire par une utilisation circonscrite et réfléchie de l’anglais avec certains partenaires dans le monde. Chez les Québécois, la volonté de vivre en français doit toujours demeurer présente et même renforcée. Situé à la jonction des deux mondes, anglophone et francophone, le Québec, s’il abandonne sa langue, mettrait de côté un atout important qui le distingue des autres. La modernité et la réussite ne se conjuguent pas seulement avec le mot « anglais ». Dans les secteurs des nouvelles technologies et de la mode, dans les « shops » de textile et dans les manufactures, c’est la langue utilisée le plus souvent qui devient et deviendra un jour la langue parlée à la maison. Faire du français la langue du travail, voilà l’objectif qu’il faut atteindre le plus vite possible.
***************

Fête Nationale 2011- Ecole Sophie-Barat
Et si le Québec m’était conté…
Mon histoire se passait, ça fait pas ben ben longtemps de ça, à Fermont, sur la côte-Nord, dans un camp de travailleurs. La semaine avait été dure à la mine du Mont Wright. Plusieurs gars avaient fini plus tôt pour préparer une excursion de pêche dans une des pourvoiries de la région. D’autres travailleurs voulaient partir en balloune pour s’évader du mur de la Place Daviault, un édifice d’un kilomètre de long qui protége la ville des vents forts du Nord. C’est dans ce brouhaha que Ti-Jean réussit à convaincre sept de ses chums d’aller voir leurs blondes à Montréal.
Parmi eux, il y avait Ti-Jos Montferrand, l’homme le plus fort de la mine et Alexis le Trotteur qui courrait plus vite qu’un chevreuil et qui, selon certaines sources, arrivait à courir sur des milles et des milles sans jamais se fatiguer. La nature l’avait modelé à l’image de son peuple, un peuple d’habitants, qui arrivait à repousser, toujours plus loin leurs limites.
Un grand canot rabaska gossé des mains d’un vieil Innu, les attendait au bord du lac derrière les maisons-mobiles où ils étaient logés par la compagnie.
Un homme à cape rouge se tenait au bout du canot comme guide de l’expédition. Il s’appelait Damien, le fils d’un mauvais diable qui connaissait la magie noire et les rites des sorciers. Mais avant de partir, la gang devait promettre à Damien de pas prononcer de juron jusqu’à six heures du matin. Et Dieu sait, si c’est difficile pour des gars de chantiers de ne pas lâcher un sacre de temps en temps. C’est alors que Damien prononça le signal de départ : Acabris, Acabras, Acabram, que d’la compagnie les gars voyent l’eux femmes! Le canot s’éleva tout d’un coup dans les airs à une hauteur de cinq, six cents pieds et aux premiers coups d’aviron, il s’élança comme une flèche en filant plus vite que le vent. C’était au cœur d’un soir d’aurore boréale où la voûte céleste était remplie de vagues et d’étoiles, greillée d’une pleine lune illuminant les grands pins noirs. Ils virent subitement un Harfang des Neige tout blanc volant silencieusement au-dessus du canot, d’une allure fière, majestueuse et dominant les vents. Selon les Inuits, ce serait une créature mythique protégeant les peuples opprimés ou qui ont été conquis.
En passant près des Chûtes Montmorency, juste à côté de Québec, ils aperçurent une dame blanche suspendue au dessus-de l’eau qui paraissant y chercher son fiancé. Louis Gauthier avait été tué à la bataille contre l’armée anglaise le 31 juillet 1759. Déchirée par la perte de son amour, la malheureuse s’était alors lancée du haut des rochers qui surplombaient la chute. Elle était alors vêtue d’une robe blanche préparée pour la noce et portait un long voile qui recouvrait sa chevelure. Certains prétendent même que cette voilure aurait donnée naissance à la cascade à l’ouest du torrent.
Soudain, les voyageurs entendirent un rire menaçant et des cliquetis de chaines derrière eux. C’était la cage de la Corriveau qui se dirigeait en trombe vers le canot. Parce que le fleuve était bénie, La Corriveau avait besoin d’une bouée aérienne, d’un lift comme qui dirait, pour se propulser vers l’Ile d’Orléans où se tenait une réunion de sorciers. Elle agrippa avec ses bras squelettiques le canot d’écorce mais l’Harfand des Neige qui les suivait toujours, utilisa ses pattes acérées pour refermer la cage de fer sur elle. Elle poussa un cri de colère avant de disparaître vers Lévis.
Apeurés, les occupants du rabaska se demandaient s’ils allaient continuer à rencontrer d’autres personnages légendaires comme des lutins, des loup-garous, des fantômes ou des quêteux qui pourraient leur jeter de mauvais sorts. Ils prirent une ptite shot de whisky pour se donner un brin de courage et entonnèrent alors des chansons à répondre en survolant le party qui était poigné sur les Plaines d’Abraham. Et puis, ils planèrent au-dessus de Trois-Rivières et ensuite de tous les villages du chemin du Roy vers l’ancien village d’Hochelaga. Ils admiraient l’immensité du pays qu’avaient bâti leurs ancêtres. C’est alors que Ti-Jean un peu réchauffé cria : « Christ que c’est beau le Québec ». L’embarcation piqua immédiatement du nez et atterrit sur la rivière du Haut-Richelieu qui semblait être dans un duel à finir avec le St-Laurent à savoir lequel des deux pourrait être le cours d’eau le plus large et le plus imposant.
À cet instant, Ti-Jean ressentit le courage et la solidarité des gens de ce pays qui se manifeste toujours pendant les grandes catastrophes naturelles. Tout d’un coup, apparût un genre de fée qui portait une auréole blanche. On disait de cette bienfaitrice, qu’elle venait en aide aux gens pris avec des inondations, pis avec d’autres problèmes aussi…. Les bras dans les airs, cette magicienne commandait une armée de soldats en uniformes verts kakis dans des jeeps, roulant en convois militaires dans la zone inondée. Les soldats entreprirent alors une grande corvée avec des pompes géantes qui aspiraient chaque goutte d’eau sur leur passage et avec des camions plus gros encore qui ramassaient les plus gros débris échoués près des résidences durement touchées.
Curieusement, en quelques minutes, la vallée du richelieu fut complètement asséchée et le courant repris son cours normal. Ti-Jean continua de penser :
« Non, mais on as-tu assez de courage et de pouvoir nous les québécois en unissant nos forces ? Nous sommes un peuple qui sait unir les passions et les talents de chacun lorsqu’on s’en donne la peine parce que OUI, OUI, nous pouvons déployer ces talents à l’infini et que, comme québécois, nos seules limites sont celles qui nous nous imposons nous mêmes. Je sais que vous, mes frères de sang comme d’adoption, vous avez en vous un énorme potentiel ! »
Après ce grand miracle, les canotiers reprirent leur voyage en pagayant à l’ancienne, du Haut Richelieu vers Chambly, puis vers Mont-St-Hilaire, Contrecoeur, pis Sorel avant de redescendre le fleuve en direction de Montréal comme le faisait nos aïeux, autrefois.
Rendu au niveau de la rivière des Prairies, ils aperçurent alors la petite lueur d’un feu de camp qui éclairait la rivière. C’était juste à peu près derrière vous, là, près de la rive. Il y avait un homme étrange, trempé de la tête aux pieds, grelottant, essayant de se réchauffer devant un feu, quasiment assis dedans. Pourtant, il ne se brûlait pas et ne semblait pas avoir moins froid. Il claquait des dents, des claquements à en faire trembler le pont Viau juste à côté.
Mais fait étrange, les gouttes d’eau qui tombaient de son corps disparaissaient sans toucher le sol. Avant que les huit compagnons n’eurent le temps de lui offrir de l’aide, le pauvre homme se jeta à l’eau dans leur direction et plongea sous leur canot. Ils sentirent alors leur canot tanguer dans toutes les directions. Les compagnons se cramponnaient du mieux qu’ils pouvaient au bateau qui menaçait à chaque seconde de chavirer. Ti-Jean vit sortir une ombre noire de l’eau et lui donna un coup de rame. Soudainement, l’ombre se transforma en chat noir. Il sauta sur la rive comme un éclair et disparut dans le parc en jetant un miaulement diabolique aux canotiers. C’est alors que l’un des compagnons de Ti-Jean se rappela la légende du noyeux, un personnage qui apparait parfois près du Sault-aux-Récollets. Il avait entendu dire par son voisin, qui lui l’avait su de la femme d’un de ces chums d’enfance que, apparemment, c’était le noyeux, qui, en 1625, avait précipité le père Nicolas Viel et son jeune ami Ahuntsic dans la rivière des Prairies. Après avoir noyé les deux hommes, le diable l’aurait changé alors en chat enragé pendant qu’il se faisait sécher.
Exténué, crevé, après avoir tant ramé, Ti-Jean prononça la formule magique pour faire redécoller le canot. Damien réapparût et leur dit : « Je vous laisse une autre chance mais si vous sacrez encore, vous reviendrez par vos propres moyens à Fermont ». Le canot s’envola aussitôt et les compagnons arrivèrent en quelques minutes près du chalet du Lac des Castors, sur le Mont-Royal, où ils furent reçus à bras ouverts par leurs blondes. Ils chantèrent et dansèrent le restant de la nuit. Après avoir pris quelques bières, Alexis le Trotteur accepta de descendre et de monter à pieds la montagne deux fois en moins d’une heure afin de gagner une gageure pendant que Joe Montferrand se col taillait avec une dizaine de gars pour qui la fête avait commencé depuis un boutte. Jos Montferrand prit les jambes d’un des gars et le fit tournoyer à travers ses complices qui décidèrent de battre en retraite vers la rue Crescent. Quand Joe eu fini de sauvez les belles créatures, on lui offrit un verre de caribou devant ses compagnons fiers et ébahis par cette démonstration de force.
Vers quatre heures du matin, le groupe se retrouva sur le belvédère de la montagne à contempler les lumières de Montréal, la ville aux milles clochers. La nuit était passablement avancée et il fallait retourner à Fermont en canot volant mais Damien, leur conducteur avait disparu. Ti-Jean se souvenait alors de la promesse faite au diable de ne plus prononcer aucun juron durant l’odyssée. Or, en racontant leurs nombreuses histoires et vantardises aux filles, la bière aidant, ils avaient tous lâché quelques sacres pour mettre du piquant dans leurs récits de chasse. Ils se demandaient donc comment rentrer à Fermont…
Ils décidèrent tout de même de monter dans le canot dans l’espoir de voir réapparaître le fils du mauvais diable. Ils prononcèrent plusieurs fois l’incantation pour finir par Acabraaaa, Acabrisssss, Acabraaaam, Damien asssss… erviens don bout de ciarge (de manière saoule)
C’est alors que la chouette des Neiges qui les avaient suivis tout au long de leur voyage se posa et leur dit : Vous n’avez donc pas compris que vous ne pourrez jamais vous fier au diable!
Le rabaska s’éleva aussitôt, s’immobilisant derrière la croix du Mont-Royal. En regardant au loin, ils pouvaient voir Montréal éclairée d’une lumière vacillante. Et bien, cette lumière, ça ressemblait à des feux follets, des petites flammes qui sautillent un peu partout à la brunante. La légende veut que ce soit des âmes en peine séjournant au purgatoire. Comme toute légende a un fond de vérité, Ti-Jean pensa :
« Je crois que les feux follets sont nous rêves refoulés et nos regrets, qui, plutôt que de nous faire aller de l’avant, nous freinent. Réalisons nos rêves et aidons tous ceux qui traînent, sans le savoir, leur petit feu-follet. »
Les compagnons contemplaient l’horizon et ce spectacle de milliers de feux-follets, scintillants qui se dandinaient allègrement. Soudainement, croyez-moi, croyez-moi pas, un autre harfang des neiges attrapa dans son bec un feu-follet qui lui même s’attacha à un millier d’autres feux follets, entraînant avec lui un million de rêves bien de chez nous.
Deux immenses bandes de tissus blanc se croisèrent en forme de croix. C’est alors que quatre Harfangs se placèrent au milieu de chaque carré de la croix et se transformèrent en quatre fleurs de lys pour former eh oui…le fleurdelisé, notre drapeau national. Construit d’un milliard de mailles de vitalité, de courage et de projets, notre drapeau nous rassemble tous par notre langue et nos valeurs. Ce que Ti-Jean, Jos Monferrant, Alexis le Trotteurs et leurs autres compagnons virent dans ce ciel là, à soir, derrière la croix du Mont-Royal, et ce, juste avant de s’envoler vers la Côte Nord, c’était des hommes et femmes libres, égaux et solidaires.
« C’est ce peuple qui est là, devant moi, tout apparaillé et greillé de drapeaux, de pleins de patentes bleues, de guédilles lumineuses, se tenant là… debout, assis, la tête l’envers, dans n’importe quelle position mais fier, fier de se rassembler, fier de célébrer, en ce solstice d’été, la fierté d’être fier de montrer notre fierté d’être fier d’être Québécois! »
En 2011, à l’occasion de la Fête Nationale, les Québécois sont invités à se conter, se raconter, se chanter ces contes et légendes d’ici comme le font depuis des siècles les gens de ce pays lorsqu’ils sont rassemblés. Célébrons, propageons, protégeons, chérissons notre belle langue, le français, à Montréal, et à travers tout le Québec par nos histoires transmises de bouches à oreille par nos parents et ancêtres.
Ces récits fantastiques font partie de notre culture et de notre identité. Ils sont le fruit des peurs et des incompréhensions de notre peuple. Ils sont devenus comme des pièces de musées. Ils prennent racines en France, ils ont été empruntés chez les amérindiens ou proviennent de légendes d’inspirations anglaises ou irlandaises.
Ces histoires viennent des événements quotidiens de la vie de nos ancêtres et ont été transformés en exploits hors du commun. Merci à ces bûcherons, ces pêcheurs, ces canotiers, ces hommes et ces femmes qui se sont aventurés sur des terres inconnues, ces prêtres et leurs sermons pas toujours catholiques, ces familles d’autrefois qui se réunissaient dans nos campagnes pour faire la fête et se raconter au coin d’un poêle.
Nos contes et légendes se sont métissés au fil des ans et le pure laine se mêle maintenant à la soie d’Asie. Nous sommes tous des fils et des filles d’aventuriers, des fils d’émigrés, de coureurs des bois, partis à la conquête d’un pays qui nous reste encore à assumer. Libérons-nous enfin de nos peurs et de nos divisions. Soyons fiers et courageux pour relever les défis collectifs qui se posent à nous en ce début de 21ième siècle. Restons unis et solidaires dans notre marche vers notre liberté collective.
Pour mieux se projeter dans l’avenir, ce soir, chers amis, Entrons dans la légende…
Bonne St-Jean ! Bonne fête Nationale !
Rédigé par les membres de la section Nicolas-Viel Société St-Jean-Baptiste de Montréal
_____________________________________________________________________
Ahuntsic Français et missionnaire laïc

Montréal, le mardi 26 octobre 2010 : hier matin à 11 h 45, la Section Nicolas-Viel de la Société Saint Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) dévoilait une plaque apposée sur la face nord du monument érigé par la SSJB dans le parc Nicolas-Viel en 1915.
Le dévoilement a eu lieu en présence, notamment, de Mme Lisette Lapointe, députée de Crémazie, de MM. Mario Beaulieu, président de la SSJBM, Réjean-Paul Forget, représentant Mme Maria Mourani, députée d’Ahuntsic et Louis de Kinder, ancien président de la section locale de la SSJBM et historien local participant aux recherches sur ce sujet.

Madame Lapointe et Monsieur Beaulieu ont souligné le travail de notre Section locale et l’importance d’assurer la mise à jour de nos connaissances et de les diffuser. Monsieur Beaulieu a rappelé que la SSJBM a soutenu la mise sur pied d’une coalition pour l’enseignement de l’histoire du Québec et qu’une des Fondations qui lui sont apparentées a soutenu la création d’une chaire universitaire, la Chaire Hector Fabre, pour renforcer notre corpus scientifique en la matière et soutient la Coalition pour sa diffusion.
Le monument érigé par la SSJBM en 1915 affiche deux messages. Le premier, gravé sur la face sud commémore le tricentenaire de la première messe célébrée au Canada en présence de Samuel de Champlain le 24 juin 1615. Le second, gravé sur la face nord rappelle la mort du père Nicolas Viel et d’Ahuntsic dans les rapides de la rivière des Prairies en 1625.

Le second message a fait l’objet d’une mise à jour.
Tenant compte de recherches historiques plus récentes sur la tragédie de 1625 présentées par sa section Nicolas-Viel à la SSJBM, celle-ci lui a accordé son appui pour rendre le message compatible avec ces recherches. Il importait aussi que la SSJBM assure la cohérence avec un message gravé sur une autre de ses plaques apposée sur la façade de l’Église de la Visitation.
Le message de 1915 qualifiait Ahuntsic de « néophyte huron ». Affirmation non fondée sur des témoignages de personnes qui ont connu le P. Viel et Ahuntsic à cette époque. René Tellier, historien local bien connu, cite à ce sujet un missionnaire et compagnon de Nicolas Viel le frère récollet Gabriel T. Sagard écrivant sur la période où il était en Nouvelle-France.
Sagard affirme qu’Ahuntsic était un jeune français et un de leurs disciples. Il rapporte que les Hurons l’avaient surnommé « Auhaïtsique » et que l’on avait oublié son nom français. Cette information fournie par un témoin, non-contestée par d’autres, tranche la question : le compagnon de Nicolas Viel n’était ni Huron, ni néophyte.
Il était compatriote de Nicolas Viel, disciple des récollets et surnommé Auhaïtsique par les Hurons. Il était en mission comme ceux qu’il accompagnait et participait à l’œuvre commune, sans être religieux. Il était donc Français et missionnaire laïc.
Le message de 1915 affirmait que le père Nicolas Viel et Ahuntsic « furent jetés (dans les rapides de la rivière), (donc assassinés) par leurs guides païens » et leur donne le titre de « premiers martyrs canadiens ». La première affirmation est une accusation criminelle assorties d’une insulte ; le titre de martyre s’appuie sur la thèse de l’assassinat.
Selon M. Tellier, aucune de ces affirmations n’est corroborée par un témoin de la tragédie de 1615 ou une personne qui ait obtenu l’information directement de tels témoins. Il cite à ce sujet plusieurs historiens reconnus, notamment Lucien J. Campeau, o.m.i. et Marcel Trudel. S’appuyant sur des renseignements transmis par des personnes informées par des témoins, ces historiens rejettent les accusations de meurtre.
Selon eux Nicolas Viel et son disciple se sont noyés. Comme on n’a pas rapporté la présence de marques de sévices sur le corps de Nicolas Viel repêché quelques jours après l’évènement, rien ne prouve qu’il ait été « martyrisé ». Le corps du Père Viel a été par la suite inhumé à la Maison des récollets à Québec sans plus de questionnement. Comme rien de sérieux ne démontre qu’il y a eu meurtre et sévices, les accusations et affirmations ne sont pas fondées.
Nous ne souhaitons pas relayer des accusations non fondées ou des insultes envers nos concitoyens amérindiens. Nous les retirons donc de nos plaques et monuments. Nous avons aussi corrigé le nom unique de Huron qui leur a été imposé depuis 1915 et bien avant : nous les nommons comme Sagard écrivait qu’ils se nommaient eux-mêmes à l’époque : Hoüandate. En langage d’aujourd’hui, il produit à peu près le même son; mais on l’écrit comme ils le font eux-mêmes, soit Wendat. Comme Auhaïtsique devenu Ahuntsic par suite de la déformation anglophone du terme.
Voici le nouveau texte : Le 25 juin 1625 ont péri dans ces rapides, Nicolas Viel et son compatriote surnommé Auhaïtsic par les Hurons-Wendat. Ce lieu a depuis été nommé Sault-au-récollet. Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Section Nicolas-Viel.

_____________________________________________________________________
DISCOURS PATRIOTIQUE REDIGÉ PAR LES MEMBRES DE SSJBM SECTION NICOLAS-VIEL LU PAR PHILIPPE ST-JACQUES AU PARC AHUNTSIC LE 24 JUIN 2010.
En 2010, la Fête nationale célèbre l’étincelle qui a fait de nous des patenteux allumés, des inventeurs inspirés, des bricoleurs aux grandes idées et surtout des créateurs de talent. Inspirons-nous de ces hommes et femmes qui, à partir d’une idée, d’un rêve ou d’une folie, ont bâti une nation.
En traversant les océans, les artisans de tous les continents ont créé ici un monde nouveau. Persévérants, ils se sont inspirés des autochtones pour inventer de nouvelles façons d’imaginer la vie.
De leurs mains, les Québécois ont dénudé la pierre, le bois, la glace et le sable pour que les éléments s’expriment et que s’imprime leur talent. Pionniers de la débrouillardise, les Québécois ne cessent d’innover. De la motoneige au bixi, ils ont mis leurs inventions au service des gens d’ici.
Armand Bombardier a fabriqué sa première motoneige, dit-on, dans l’espoir qu’aucune femme ne meure plus en accouchant parce que le médecin n’est pas arrivé à temps.
Bombardier voit grand et transporte aujourd’hui des gens partout sur la planète et ce par tous les moyens possibles. Et bientôt, la Série C sera propulsée par des moteurs Pratt & Whitney qui seront assemblés et testés chez nous, à Mirabel.
Et Bombardier n’est qu’un unique exemple de la fertilité du génie québécois. SNC-Lavalin supervise des chantiers titanesques et signe Québec à travers le monde. Notre réputation de bâtisseurs d’eau n’est plus à faire comme en témoigne l’œuvre démesurée du barrage des Trois Gorges, en Chine où nos experts ont eu un rôle fondateur. Et lorsqu’elles ne sont pas Québécoises, les entreprises viennent chercher ici cette étincelle de génie qu’elles ne trouvent nulle part ailleurs.
Voici quelques noms de créateurs d’ici qui sont reconnus à travers le monde :
Sciences :
Hubert Reeves, Armand Frappier (pharmacologie), Normand Bethune (médecine de guerre en Chine), Lucille Tiesdale (sida en Afrique), Dr Pierre Grondin (première greffe du cœur en Amérique)
Politiciens qui ont changé notre vie démocratique :
Louis-Joseph Papineau (droit des esclaves et des juifs, gouvernement responsable, 92 résolutions), Jean Lesage, René Lévesque (équipe du tonnerre, grands barrages), Lise Payette (saaq), et cie
Dans les Arts, notre nom n’est plus à faire :
Luc Plamondon, Céline Dion, Leonard Cohen, Oliver Jones, André Mathieu, Lalala Human Steps, Guy Laliberté, Gilbert Rauzon, Xavier Dolan, Denis Arcand, Michel Tremblay, Pierre Falardeau, etc.
Ahuntsic
Maurice Richard, Julie Payette, Robert Charlebois, Karkwâ
Tant d’autres provenant de tous les coins du Québec n’ont pas été nommés mais un grand nombre de rues et de ponts vous en nommeront plusieurs.
Sur une scène, à l’écran ou dans une galerie, le talent québécois inspire des rêves et des ambitions qui ont pris naissance dans notre coin du monde.
Rêve
Et que dire du Rêve. Et quel rêve ? Le rêve d’un pays ?
Ce n’est pas le nombre ni le poids de notre peuple qui lui donne tout son éclat. C’est la démesure d’un continent immense couru autrefois par les nôtres, les La Vérendrie et les Radisson. C’est la démesure d’un fleuve aux mille affluents qui a donné naissance à une langue riche et colorée avec laquelle nos Miron et nos Falardeau ont imaginé et raconté notre pays créateur. C’est par la folie dans la poursuite de nos rêves, germés au creux de nos caboches, que nous devenons des créateurs hors pairs.
Et en se projetant dans un monde sans bornes et sans fin, il devient normal que nous atteignons les étoiles, comme en témoignent Julie Payette, Guy Laliberté et bientôt l’astronaute et docteur David Saint-Jacques, qui s’entraine pour un jour, qui sait, marcher sur Mars.
Fermeture
Cultivant l’innovation, les Québécois ont fait de leur talent notre meilleur ambassadeur, notre or, notre pétrole à nous. Elle a toujours, pour origine, le savoir-faire de ses artisans, nés ici ou venus s’y établir.
Et l’avenir du Québec, c’est dans leur tête qu’il se prépare. Alors, soyons fiers de cette créativité qui, aujourd’hui, nous permet d’imaginer demain!
Rédigé par les membres de la section Nicolas-Viel Société St-Jean-Baptiste de Montréal





_____________________________________________________________________
La section Nicolas-Viel et l’Association récréative et culturelle Nicolas-Viel (ARCNV) donneront le « Moment patriotique » de la Fête nationale au Parc Ahuntsic le 24 juin 2010 à 18 heures.
À midi, la course de boîtes à savon s’engagera sur la rue St-Hubert pour s’arrêter à 16 h 30. Cependant, Cité Historia animera des jeux d’époque et du maquillage festif; des bénévoles surveilleront nos enfançons se lancer dans les jeux gonflables; d’autres animeront la réalisation d’une grande fresque à la mesure de nos jeunes ados. En exergue, la Section et l’ARCNV offriront articles de fierté et breuvages aux patriotes de passage. Entretemps tournera la broche et s’attiseront les feux pour le méchoui et les « hot dogs » de 17 h 00.
Au crépuscule du méchoui des dames (Lisette Lapointe, Maria Mourani, Diane de Courcy) et des coulées de moutarde sur les « hots dogs » des Optimistes, le violon tracera parmi l’assemblée digérante un sillon d’allégresse et sur sa mélodie, la foule enchantée coulera vers la scène. Ce sera l’entrée du Moment. La geste s’introduira sur une musique à soulever les drapeaux. Une belle voix du cru, sous la caresse en filigrane du violon assagi, saluera de paroles et de mélodies d’ici, notre étendard national qui doucement s’élèvera sur nos têtes.
Doucement viendra la chute et s’élèvera la parole : l’invite de la Section à la rencontre du symbole. Notre symbole. À la solidarité, au ralliement nécessaire. Alors, les dames et les autres partenaires de la Fête diront leur mot patriotique.
Le discours patriotique appuyé sur les accents du thème, porté par le violon qui s’éveille préparera dans son élan, la sortie du Moment dans l’intensité de la voix chantante, l’apothéose finale du nous dans le rassemblement.
Après, c’est le spectacle des Voisins.